24 mars 2020 ~ 0 Commentaire

DOMI et l’entropie

Il serait intéressant d’équiper le confiné de capteurs et de suivre les déplacements qu’il effectue dans son lieu de résidence. Le résultat pourrait ressembler à la trajectoire d’un « grain » qui danse au gré du hasard sous les chocs des particules du milieu ambiant. Sans âme, sans volonté, sans le moindre souffle vital, totalement désoeuvré, il « virevolte » le long d’une ligne infiniment brisée, soumis au mouvement brownien.

mvtbrownien

Le confiné est un grain agité de mouvements chaotiques, imprévisibles.

Mais avant d’être un grain, le confiné a un grain comme le montre l’activité délirante qu’il mène tambour battant sur les réseaux sociaux. Pourquoi les FB, whatsapp, blogs…sont-ils en effervescence ?

Réponse immédiate : le confiné a du temps à revendre et il n’a plus de contacts faits de chair et d’os. Il compense : il meuble son temps de solitude avec du virtuel.

D’ailleurs la salve de conneries qu’il publie est le succédané d’une tournée qu’il paie aux potes.

Une connerie reçue sur un fil est sans délai transférée à un autre groupe de contacts, ce qui fait que, par un autre canal, cette même connerie lui revient parfois. Il ne l’ouvre plus, il l’a déjà vue, il est immunisé. Formidable simulation, in situ, en pleine pandémie, de la viralité.

L’explication proposée de la suractivité numérique du confiné semble valable mais à cette justification macroscopique, il convient d’adjoindre une réalité dans l’infiniment petit. En effet, le stay-at-home peut s’entendre stay-atom et suggère alors une réfléxion microscopique.

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Je pense d’abord à un gaz et, tant qu’à faire, DOMI est un gaz parfait. A volume de confinement constant, puisque l’arrivée du printemps se double de la chaleur des autres membres de la famille en télétravail, l’augmentation de la température implique que la pression monte en bars. Je deviens bar-je et je suis quiché par le trou de la souris informatique.

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Imaginons que mon « Home » se compose de mon « 4-murs » et de mon blog communiquant par la porte « ordinateur ». Imaginons de plus que je (pris à l’état macroscopique) sois constitué de 4 particules : D,O,M et I.

Ces 4 particules, qui sont en perpétuelle agitation et en perpétuel mouvement, occupent de façon aléatoire et chaotique tout l’espace disponible dans « Home ». Il en résulte au total 16 états microscopiques.

On a la configuration « casanier »

Casanier

la configuration « geek »

geek

la configuration « 1 pied de l’autre côté » (qui donne un même état macroscopique)

piedautre

ou inversement

autrepiedautre

et enfin les états microscopiques qui conduisent à la même réalité macroscopique « équilibre ».

equilibre

Je constate que la configuration macroscopique « équilibre » (obtenue plus fréquemment que les autres états) est la plus probable. C’est celle qui correspond à mon étalement entre « 4-murs » et le blog.

La démonstration avec 4 particules montre que, de la même façon avec les milliards de milliards de particules qui me composent en vrai, l’état macroscopique dominant est celui d’un gaz diffus sur les deux espaces « 4-murs » et « blog »  et ce, malgré les mouvements élémentaires perpétuels qui sont statistiquement sans effet macroscopique significatif.

Je me diffuse, je me dilue comme un sucre dans de l’eau chaude. Je m’épanche à travers les tuyaux d’internet comme une fumée prisonnière du foyer à travers la cheminée, ou comme l’eau d’un bain par une bonde non étanche.

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