12 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

Pégase

On se penche parfois avec sollicitude au dessus de Deuxzoiseaux qui, depuis quelques temps, bat de l’aile.

  • Guigui me demande si je fais grève. Non, mais je devrais y songer : après tout, en cette période de luttes sociales, je pourrais exiger des géants du numérique une rémunération pour les contenus que je produis ici et qui contribuent au traffic (cher aux annonceurs).
  • Cyril et Renaud ironisent sur le blog qui végète depuis que je me suis fait retourner le cerveau par le documentaire vegan The game changers.

Revigoré par les protéines des excellents magrets de Lio, je tente de redonner du souffle au blog en évoquant…l’inspiration.

*****************************************************************************************************************

Ça se passe il y a une trentaine d’années. Mon cousin Philippe vient d’acheter une paire de Nike Pegasus. Toutes les 5 minutes, il interpelle sa copine Stéphanie avec la même rangaine.

« - Doudoune je vole, je vole Doudoune, dit-il en mimant deux impulsions sur l’avant des chaussures et deux réceptions sur les talons (testant la semelle pleine d’air).

Les 12 pieds de Dou/dou/ne/ je/ vo/le/, je/ vo/le/ Dou/dou/ne/  (plus aériens qu’un alexandrin de Racine) sont devenus une phrase culte du roman familial. Fond et forme s’y répondent puisque l’hémistiche souligne par symétrie l’harmonie entre Philippe (celui qui aime les chevaux étymologiquement) et ses baskets.

Mais Philippe sait-il que sous les sabots du célèbre cheval ailé, est née la source Hippocrène dont l’eau inspire le buveur ?

En tout cas, maintenant que philippe a prospéré et qu’il roule en Aston Martin, les nombreux chevaux qui piaffent d’impatience sous le capot de son bolide s’alimentent aux stations-services comme les poètes s’abreuvent à Hippocrène. L’eau est remplacée par le pétrole, la fontaine par des pompes de Mobilgas dont l’emblème est Pégase.

1940_Gas Gas, Hopper 1940

No doubt, l’essence est …essentiel, nécessaire (c-à-d « ne peut pas ne pas être ») dans nos sociétés consuméristes.

Y a qu’à voir l’angoisse qui s’empare de l’automobiliste dès que les raffineries sont bloquées en période de conflits sociaux. On a roulé 30 kms à peine avec un réservoir plein mais si, à une station qui borde le chemin, la file des voitures qui attendent de se nourrir n’est pas trop grande, on s’arrête et on complète son bac. Crainte de la panne sèche.

Je relève un sentiment d’insécurité comparable chez le fumeur. A chaque temps mort (charge de la voiture avant départ, pause pipi…), le fumeur inspire quelques bouffées et une dose de nicotine en acompte, en attendant mieux. Avec une inquiétude latente, ne sachant pas quand ce « mieux » aura lieu et craignant que ce « mieux » n’ait pas lieu.

Même logique dans mon rapport à la salle de sport. Parce que je suis empêché de rejoindre mon pote David le 25 déc,

police Non Guigui, je n’ai pas été arrêté dans le sens interdit qui mène à la salle.

je m’y rends 3 jours plus tard, à 6h45, le matin de notre départ au ski. « T’es un grand malade » me lance Sof.

Pas faux ! Après réflexion, c’est comme si une semaine loin des machines et des tapis de course était une semaine en apnée et que je l’anticipais, avec appréhension, par une grande…inspiration chez Freeness.

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez-vous poster un commentaire.

Garder le fil d'Ariane |
Une craie dans la poche |
Florine |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | L'actu du 19
| Brides de vie
| Au pays des lacs