18 mai 2018 ~ 1 Commentaire

Au cas où

Dans mon dernier billet, j’insiste sur un lieu commun : notre incapacité à jouir pleinement de l’instant présent. J’en veux alors pour preuve l’emploi à tout bout de champ de l’expression « au cas où », comme si l’instant présent, à cause de son unicité et de sa non-reproductibilité, ferme les portes aux possibles et, du coup, accable, oppresse.

Une anticipation (via des dispositions permettant un scenario alternatif à ce qui s’annonce si couac) rassure et donne l’illusion de combattre le verrouillage écrasant qu’opère le « maintenant » : il y a en boutique un scenario de substitution et du moindre mal si nécessaire, une issue d’accommodement.

Puisque Sof ne lit pas les deuxzoiseaux, le dit billet n’est pas liminaire dans le message Whatsapp qu’elle publie cet aprèm, qu’elle adresse à la cantonade et que je reproduis ci-dessous :

aucasou

Ainsi, il n’y a aucun clin d’oeil à mon post (malgré le smiley), pas même une influence sub-liminale de mon billet. Cela ajoute de l’eau à mon moulin.

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Dans la foulée du « Au cas où. Je vous aime ». J’ai déjà entendu d’ardents défenseurs du mariage arguer du caractère imprévisible de la mort pour valoriser les liens de ce sacrement comme un moyen efficace de protéger financièrement le conjoint si coup dur. Une sorte de « au cas où, je me marie ». Cet argument est un tue-l’amour qui fait du mariage l’acte le plus anti-romantique qui soit : si la personne aimée disparait, la douleur omnipotente ne devrait-elle pas  annihiler tout désagrément de nature matérielle ?

Voilà l’occasion de tirer à boulets rouges sur cette institution bourgeoise. Je choisis le pavé dans la mariage mare de W. Marx :

Mélange sans réserve de l’intime et du public. Les familles les plus prudes, celles qui pour rien au monde n’oseraient parler de sexualité à leurs enfants, celles qui défilent la bonne conscience portée fièrement en bannière contre le mariage pour tous, n’ont pourtant jamais hésité à costumer ces mêmes enfants en filles et en garçons d’honneur pour faire cortège à la mariée, alors même qu’il ne s’agissait que de la mener à l’accouplement, comme une vache au taureau. Dans sa version bourgeoise contemporaine, le contenu sexuel du mariage est la chose à la fois la plus manifeste et la plus cachée. Voiles de tulle, jaquettes grises, jolies boîtes à dragées, fleurs et grains de riz n’ont d’autre fonction que d’ensevelir sous la solennité et la bienséance le signifiant sexuel de la cérémonie.

Une réponse à “Au cas où”

  1. et bien j’ai lu et tu n’as vraiment pas compris le sens du mariage


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