19 avril 2017 ~ 0 Commentaire

Fairy tail/fairy tale

Je ne suis jamais allé à Venise, ni au Vietnam mais j’imagine que le long-tail boat thaï est à Bangkok ce que la gondole est à la cité des amoureux et ce que la jonque est à la baie de Ha Long.

Une touche donc de ferry féérie avec le…fairy tail.

Le long-tail boat (bateau à longue queue), équivalent du bateau-mouche parisien, entre en scène.

Glissant sur Chao Phraya et sur les khlongs (canaux reliés aux fleuve) au milieu des jonquilles d’eau, il croise des bateaux-bus qui font des aller-retours longitudinaux et déversent des flots de voyageurs aux nombreux embarcadères, des bacs qui relient les deux rives, et des « chenilles » dont les segments sont d’énormes péniches remplies de marchandises et dont la tête est un bateau tracteur.

La nuit venue, coup de baguette magique et métamorphose. Chao Phraya s’habille en Prada : le long-tail boat disparaît de la circulation, de somptueux bateaux de croisière offrent aux touristes des buffets-spectacles. La gueuse Bankok, à présent illuminée, se prend pour New-York. Conte de fée ou fairy tale.

Nous testons le long-tail boat au marché flottant de Damnoen Saduak. Au programme, campagne, fleurs et fruits au fil de l’eau. Mais l’expérience bucolique espérée se révèle être un truc de touristes. On nous mène en bateau. En matière de voyageur, nous avons d’abord la tête du pigeon.

Nous embarquons à la queue-leu-leu sur un ponton, à la façon des manèges d’un parc d’attraction. Et si, sous l’étiquette « fairy tale« , le marché flottant avait des allures de Disneyland ?

Le long-tail boat fait vrombir ses moteurs surpuissants mais nous avançons au pas dans un dédale de canaux. Il cabote d’un stand à un autre, petits commerces de babioles, boissons fraîches, fruits coupés … aménagés sur les bords des khlongs. Nous réalisons que, sur ce début de parcours, ce n’est pas le marché qui est flottant mais…le touriste-consommateur. Pour le technophile Tom, le comble est que ces échoppes sont équipées de terminaux de CB. Clément hallucine devant les Samsung dernière génération, Sof remarque avec stupéfaction que des vendeuses sont appareillées de bagues dentaires. Mais où sont donc les sans-dents ?

Lorsque le canal s’élargit, le batelier plonge complètement la longue perche motorisée, met les gaz pour une minute de sensations. Les vagues créées par notre déplacement font le bonheur de jeunes thaï qui sont à l’eau avec une planche de bodyboard.

Nous arrivons enfin au floating market, la densification touristique impose l’arrêt des moteurs, le conducteur devient gondolier et c’est la minute des bateaux-tamponneurs.

Dans ce décor splendide mais qui semble, en partie, artificiel et modelé pour l’étranger, le seul aspect qui échappe au contrôle des locaux et qui, du coup, révèle de la vie et un peu d’authenticité, est l’état souillé des canaux. Bouteilles en plastique, barquettes en polystyrène… flottent sous les pilotis. Ce qui n’empêche pas les habitants de laver bébés et animaux domestiques dans cette eau immonde.

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